Sunday, March 16, 2008

Locataire, 63 ans et vivant dans la précarité, bientôt remercié

Locataire, 63 ans et vivant dans la précarité, bientôt remercié par son proprio.

Suite à son divorce, un propriétaire se sentant désespérément trop seul dans sa grande maison à fait appel à un brave monsieur âgé mais alerte, bonne poire et pauvre de surcroit, et lui a loué pour une somme modique les 2 étages au dessus de son magasin/appartement.
Le monsieur a bien évidemment sauté sur l'occasion, quelle aubaine, dis donc!
Tant que le proprio était seul, la présence du locataire était plus que bienvenue, il passait bien du temps avec lui et les soupers partagés ne se comptent pas.
Il se trouve qu'une très jeune femme est tombée amoureuse du propriétaire (de sa grande beauté physique, et sans doute aussi, mais si peu, de son aisance financière, mais, je m'égare) et que de ce fait, la présence du gentil et pauvre mais secourable locataire est devenue de plus en plus inutile.

Utiliser des êtres vivants comme des pions sur un échiquier , cela porte un nom pas agréable du tout. Et pourtant, c'est de cela qu'il s'agit.
Bienvenue quand cela m'arrange et bye bye quand ce n'est plus le cas.
Ce procédé faisant fi de de la plus élémentaire des lois concernant le contrat moral qui lie un propriétaire et son locataire.
Lorsqu'on invite quelqu'un à louer une partie de sa maison, il est en effet question d'un contrat moral, que dans ce cas ci le propriétaire croit pouvoir escamoter avec une gomme à effacer de sa composition.
Et c'est ce qui se passe de plus en plus de la part de personnes vivant dans l'aisance financière, vis-à-vis de personnes vivant dans la pauvreté.
Ces situations sont indignes, et tout à fait inadmissibles.


Ce monsieur le locataire a donc un gros problème avec son propriétaire.
Il a 63 ans, il vit dans une situation financière précaire, et est locataire depuis presque 3 ans de 2 étages d'habitation au dessus donc de chez son propriétaire.
Au rez-de-chaussée, il y a un magasin ainsi qu'un appartement ou vit le propriétaire, et un week-end sur deux, ses 3 enfants.
La maison n'étant pourvue que d'une salle de bain à l'étage, dès la venue du locataire, le propriétaire à fait construire à grand frais une salle de bain au rez-de-chaussée. Si ce n'est pas une preuve de la durabilité du contrat, ça!
Non? Ah bon.

Le monsieur n'a pas cru bon de faire faire un bail, c'est quelqu'un d'honnête et d'un peu trop confiant.
En effet, il pensait que le rapport de confiance qu'il entretenait avec son propriétaire allait dans les deux sens.
Sans vouloir angeliser ce monsieur,qui a ses défauts comme tout un chacun, il est un fait que c'est quelqu'un de confiant et de généreux, toujours prêt à tendre la main pour rendre service, et tombant toujours un peu beaucoup des nues face au "marche ou crève" ambiant.

Après presque 3 ans de location, sans qu'il y ait le moindre problème (il paye son loyer et ses charges en temps voulu, et sans compter le soutient moral des débuts, il a plus d'une fois donné un coup de main à son propriétaire pour diverses choses, tout allait bien donc)il se voit signifier par son propriétaire la demande de se trouver un autre logement.
En effet, le propriétaire souhaite à présent occuper les étages, estimant n'avoir plus assez de place au rez-de-chaussée, ce qui est son droit.


Ce qui l'est moins, me semble-t-il c'est que vu la situation financière du locataire(je rappelle qu'il vit dans la précarité, et qu'après avoir payé le loyer et les charges, il lui reste juste beaucoup d'air pour siffler), un déménagement est non seulement une source de dépenses qu'il ne pourra pas assumer, mais aussi une source de complications que je ne développerais pas, le simple bon sens parlant de lui-même au vu de son âge, 63 ans.

Le propriétaire , dans sa grande magnanimité, lui a proposé d'éventuellement rester et d'occuper 2 petites pièces du 1er étage, le propriétaire se “contentant” de son appart au rez-de-chaussée et des pièces du 2ème, c'est à dire deux chambres, que le locataire occupe: une pour lui et l'autre pour un de ses enfants, qu'il a eu sur le tard, et qui est toujours aux études, étudiant boursier auf caurse.

Ce simple "détail" est tout simplement inqualifiable ; en effet, comment peut-on atteindre une telle arrogance, un tel mépris d'autrui, pour en arriver à trouver juste de proposer un deux pièce à deux personnes.
Surtout que trois ans auparavant c'était bien d'un appartement de quatre pièces qu'il s'agissait.
Ah mais oui, suis-je bête, il s'agit de personnes pauvres, c'est sans doute déjà bien trop bon pour elles, évidemment et certes, il m'arrive d'oublier dans quelle société formidable nous vivons,chuis vraiment tête en l'air moua alors, hahaha ha.

Ce dernier point n'a rien de juridique, il est question de simple humanité, un sentiment qui dirait-on ne fait pas [ou plus]partie du système de valeurs du propriétaire en question.
En résumé, il éprouve le besoin d'avoir de la compagnie, trois ans après ce besoin est comblé d'autres parts, et donc callettez volailles, on a plus besoin de vous, au revoir et merci.
J'en reste bouche bée et les bras ballants.

Je pose la question et n'attends pas de réponse, car je crains qu'il n'y en ait tout simplement pas: jusqu'où ira l'inhumanité/le mépris/l'inconscience des réalités/l'arrogance de certains bobos et autres friqués?


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